Un nouveau départ après Heart of the Congos
Après le succès critique de leur premier album, les membres des Congos souhaitent poursuivre sur leur lancée. Le trio, composé de Cedric Myton, Watty Burnett et Roy "Ashanti" Johnson, s'éloigne progressivement de l'univers de Lee Perry pour enregistrer un second projet à l'identité plus accessible tout en conservant l'ADN spirituel qui fait leur réputation.
Sorti en 1979, Congo Ashanti propose huit morceaux où se mêlent harmonies vocales, reggae roots et influences plus modernes pour l'époque. Des titres comme Days Chasing Days, Jackpot ou Youth Man témoignent de cette évolution musicale.
Un projet lié à des producteurs français
L'une des particularités de cet album réside dans les circonstances de sa création. À l'origine, des producteurs français avaient imaginé développer un projet avec les Congos. Si cette collaboration ne verra finalement jamais réellement le jour sous la forme envisagée, elle influencera malgré tout le parcours du groupe et l'histoire de Congo Ashanti.
Selon les recherches du journaliste et historien du reggae David Katz, cette aventure franco-jamaïcaine, longtemps restée confidentielle, constitue un épisode méconnu de la discographie des Congos. Bien qu'inachevé, ce projet aura laissé des traces dans l'évolution artistique du trio.
Le dernier album avec Roy "Ashanti" Johnson
Congo Ashanti marque également la fin d'une époque pour le groupe. Peu après sa sortie, Roy "Ashanti" Johnson décide de quitter les Congos afin de poursuivre une carrière solo au Royaume-Uni.
Son départ met un terme à la formation originale qui avait donné naissance à certains des plus grands classiques du reggae roots. Cedric Myton et Watty Burnett poursuivront ensuite l'aventure sous le nom des Congos avec d'autres projets, tandis que Roy Ashanti suivra son propre chemin musical.
Une réédition qui remet l'album en lumière
Longtemps resté dans l'ombre de Heart of the Congos, Congo Ashanti bénéficie aujourd'hui d'un regain d'intérêt grâce à une nouvelle réédition vinyle accompagnée d'un important travail de documentation. Les notes de David Katz permettent notamment de découvrir les coulisses de cet album et de mieux comprendre sa place dans l'histoire du reggae.
Près d'un demi-siècle après sa sortie, Congo Ashanti apparaît comme bien plus qu'un simple deuxième album. Il représente le témoignage d'une période charnière pour les Congos et rappelle que certaines des plus belles histoires du reggae se cachent parfois derrière des disques moins connus du grand public.

