Le dembow, un rythme au cœur du reggaeton
Avant d'être un genre mondial, le reggaeton s'est construit autour d'un motif rythmique bien précis : le dembow. Hérité de la musique jamaïcaine du début des années 1990, ce rythme est devenu la signature sonore d'innombrables artistes, de Daddy Yankee à Bad Bunny, en passant par Karol G, J Balvin, Ozuna ou encore Rauw Alejandro.
Aujourd'hui, il est quasiment impossible d'imaginer le reggaeton sans cette structure musicale, qui sert de base à des milliers de morceaux diffusés à travers le monde.
Un procès aux enjeux considérables
L'affaire oppose les ayants droit des producteurs jamaïcains Steely & Clevie à plusieurs maisons de disques et artistes internationaux. Ils estiment que le motif rythmique popularisé dans leur morceau Fish Market, sorti en 1989, aurait été repris massivement sans autorisation au fil des décennies.
Selon eux, le dembow utilisé aujourd'hui dans le reggaeton reprend suffisamment d'éléments de leur création pour justifier une reconnaissance juridique et, potentiellement, le versement de droits d'auteur sur un très grand nombre de titres. Une décision favorable pourrait donc ouvrir la voie à des demandes d'indemnisation portant sur des centaines, voire des milliers de morceaux.
Pourquoi Bad Bunny est concerné
Bad Bunny n'est pas directement visé en tant qu'initiateur du litige. En revanche, son immense catalogue, largement construit autour des codes du reggaeton, fait de lui l'un des artistes les plus emblématiques concernés par cette affaire.
Depuis plusieurs années, le Portoricain domine les plateformes de streaming et contribue à faire rayonner le genre dans le monde entier. Son succès a largement participé à l'internationalisation du reggaeton, devenu l'un des styles musicaux les plus populaires de la planète.
Une décision qui pourrait faire jurisprudence
Au-delà du cas de Bad Bunny, ce procès soulève une question essentielle : peut-on réellement revendiquer la propriété d'un rythme devenu un élément fondateur d'un genre musical ?
Pour de nombreux observateurs, l'issue de cette affaire pourrait créer un précédent inédit dans l'industrie musicale. Si les plaignants obtenaient gain de cause, cela pourrait modifier la manière dont les producteurs utilisent certains motifs rythmiques à l'avenir et entraîner de nouvelles poursuites concernant d'autres genres musicaux.
En attendant le verdict, cette procédure rappelle que derrière les plus grands succès mondiaux se cachent parfois des questions complexes de propriété intellectuelle. Un dossier que les artistes, producteurs et maisons de disques suivront de très près, tant ses conséquences pourraient dépasser largement le seul cas de Bad Bunny.

